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cour d’assise

M’y voilà enfin… il s’est passé presque un an avant que je trouve le courage mais aussi l’envie de venir vous raconter cette dernière étape tant attendue et oui 10 ans pour avoir enfin le droit d’être entendue.

Pour celles et ceux qui voudront suivre mon histoire la voici, premier récit et le second recit. c’est important pour tout comprendre.

Nous sommes le 25 mars 2019, je dois laisser mes enfants et mon mari, je ne prendrais que Nawel,7 mois seulement et encore allaitée pour aller vivre la pire expérience de ma vie. Sur place elle sera gardée en journée par la maman de mon amie de toujours, je suis donc plutôt tranquille.

Je prend le train avec ma sœur Caro direction Chartres, nous sommes partagées entre joie et excitation de retrouver les potes pas vu depuis plus de 10 ans et la peur, l’angoisse de revoir aussi notre père, et l’issue du procès car quelle qu’elle soit elle nous affectera…

Sur place on retrouvera ma sœur Élodie, et mon beau-frère, on est content de se voir on est ensemble tout ira bien ! Nous avons réservé un air bnb, pour être tous au même endroit. Le prix de mon voyage, ma location ainsi que mes repas du midi me seront remboursés par la cour d’assise,  je comprend enfin pourquoi on voulait absolument renvoyer mon affaire en correctionnelle !! Ca coute énormément un procés en cour d’assise car nous sommes nombreux a devoir nous déplacés et être entendu. Moi je suis partie civile, mon meilleur ami aussi et une copine de l’époque aussi alors rien que pour nous 3 il faut dédommager en plus chaque journée passée sur place soit 3 jours …  Et puis mes soeurs et moi comme vous le savez on rigole de tout, tout le temps et en toute circonstance !!!

Le procès démarre le lendemain matin à 9h, je vois mon avocat avec ma sœur Élodie dans la fin d’apres midi pour faire le point, il est super serein, il me rassure l’entretien ne dure pas très longtemps, mais j’en ressors confiante. Mon avocat, c’est pas un avocat comme les autres… nan il est mieux 🙂 .

 

Je vois ma Piloune, et Dimitri… Dimitri c’est mon meilleur ami, celui avec qui j’ai fait les 400 coups mon premier amoureux aussi, mon frère … ça me touche beaucoup de le voir parce que ca fait 10 ans que je ne l’ai plus vu… et c’est avec lui que je vis les premières atrocités de mon père… et un jour il a décidé de ne plus venir, et je comprends… il devait se protéger… mais j’ai souffert, je me suis sentie vraiment abandonnée. Dimitri est aussi partie civile, il ne voulait pas au départ il n’en avait pas le courage, et puis j’avais besoin qu’il soit assis à coté de moi sur le banc des parties civiles je ne voulait pas y être seule, alors il s’est inscrit en partie civile, il l’a fait pour moi et je sais comme c’était difficile pour lui. Mimi je sais que tu me lira et encore merci pour ça. On devait mener se combat ensemble et on l’a parfaitement fait !

La soirée qui précède la première journée en cour d’assise est assez détendue puisque je passe la soirée avec ma famille et Dimitri qui est venu me présenter sa pitchounette. Mon beau frère lui n’est pas convoqué, il a fait le déplacement juste pour nous soutenir.

Le 26 mars 2019, mes sœurs et mes amies ne peuvent pas venir à l’ouverture du procès, mes sœurs sont toutes les 2 appelées à témoigner et Pauline aussi alors elles doivent attendre leurs heures de convocation et quand elles seront passées ensuite elles pourront continuer à suivre le procès. Seules les parties civiles ont le droit d’assister à tout. Et les personnes qui ne sont pas concernées par le procés « le public » ui le procés ne se fera pas à huis clos.

Je quitte donc mon air bnb avec mon beau-frère, lui il a le droit d’être là et il sera mon soutien ce matin là. Caro vient avec nous parce qu’elle est convoquée dans la journée, il faut qu’elle donne ses papiers ensuite elle devra quitter les lieux. Je retrouve donc Dimitri et Anaïs la 3eme partie civile, ainsi qu’une amie, Séverine, qui n’est pas appelé à témoigner mais qui est venu pour me soutenir. Et là, ma petite bande de pote d’il y a 15 ans commence à reprendre forme. Je suis horriblement stressée.

9h… devant le tribunal… il est là… il comparait libre, il est devant il fume une clope, on passe donc devant lui pour entrer dans le Tribunal. C’est bizarre de ne pas lui dire bonjour, il a changé, il a vieilli. Caro le déteste, moi non… Je donne mes papiers, mon avocat n’est pas encore là, je flippe !!! La police est là partout on nous fouille avant d’entrer, et on doit laisser nos portables mon Dieu et si Nawel a besoin de moi ? (oui j’étais très préoccupée de comment aller se débrouiller ma fille sans moi) Ma sœur Elodie récupère le numéro de mon avocat au cas ou car lui il peut avoir son téléphone. Sur la porte nos noms sont inscrits dans la liste des audiences… J’avais déjà vu tout ca, mais à la télé… En vérité pendant longtemps je ne voulais pas penser à un procès parce que javais peur que ce soit médiatisé, c’est tout de même une sinistre affaire mais aujourd’hui c’est moi qui en parle sur les réseaux…

Ca sonne, il faut rentrer l’audience va commencer, on entre dans la salle, c’est trés intimidant il y a je crois une quarantaine de personnes. Il faut procéder au tirage des jurés, ceux qui ne seront pas retenus pourront partir ensuite et une fois que ce sera fait, on informera le président du décès de ma mère qui ne pourra donc pas témoigné ainsi que du décès de Kevin un ami aussi qui devait témoigner… leurs déclarations seront simplement lues…

Mon avocat arrive ouffff, je ne ressens aucune pression en lui, il s’installe à coté de moi, il est hyper détendu.

Les parties civiles, et leurs avocats sont à gauche devant et l’accusé et son avocat à droite. Derrière, le public puisque nous sommes pas à huis clos, un journaliste, et les témoins pourront s’y asseoir après avoir témoigné. En face de nous les jurés et la cour. Juste devant moi, il me semble que c’est l’huissière, super sympathique, souriante, j’ai porté un foulard noir tout le procès, sauf le dernier jour j’ai mis du jaune !! Elle m’a dit « ça vous va très bien cette couleur » avec un ton tellement soutenant. Elle a rigolé avec nous et puis vraiment elle était gentille.

Le procès débute, et je suis la première… je commence à raconté mon histoire, je suis angoissée, les pleurs montent je m’arrête plusieurs fois pour ne pas éclater en sanglots, je me reprends, c’est long. Je dois donner tout les détails de ce qu’il m’a fait devant tout le monde… Je n’arrive pas à lever la tête et à regarder ceux qui m’écoute et me fixe… Je suis face aux jurés, au président et ses assesseurs mais dos à mes amis, mon avocat et mon beau-frère et mon père. Mon père, est ce qu’il me regarde ? est ce qu’il regarde mes fesses ? oui c’est idiot mais c’est une question que je me suis posée…Est ce quil réalise en m’entendant raconter tout ca le mal qu’il m’a fait ?  J’essaye d’être précise, je bafouille un peu j’oublie des choses. Quand je fini, le président me pose des questions, j’avais peur que ce soit accusateur, qu’on me remette en doute mais non les questions sont posées pour me faire dire ce que je n’ai pas dit ou simplement pour éclaircir les choses qui à moi me semble claires mais pour des gens qui ne connaissent pas les faits ce que j’ai dit était brouillon ( les jurés ne connaissent pas l’affaire il la découvre il faut donc tout répéter). On me demande si ma mère savait, le président sent que je ne veux pas accablée ma mère, il me dit vous pouvez parler tranquillement, elle n’est plus là on ne pourra rien lui faire. Il était gentil, en tout cas avec moi je n’ai pas ressenti d’énorme pression comme pour d’autres témoins. Il a été plus virulent avec mes soeurs par exemple, caro sous le stress s’est contredit parfois avec ses premières déclarations qui date d’il y a 10 ans… Mais il était la pour juger une affaire, on envoi pas quelqu’un en prison sans être sur. Il n’ai pas non plus la pour prendre parti, non il se doit de faire établir la vérité. Et vraiment, je suis tombée sur quelqu’un qui a très bien fait sont boulot.

Le président fini en me demandant ce que j’attends de ce procès, je répond que je me fou qu’il aille en prison ou pas je voudrais juste qu’il s’excuse et qu’il dise la vérité, je finis en pleurs en leur disant « c’est mon père quand même ».

 

Je reviens à ma place, je suis mal …mais je ne suis pas toute seule. Je ne me souviens pas de l’ordre de passage de chacun, mais c’était éprouvant pour tous de se revoir dans des situations très malaisantes. Mais il me semble qu’après c’était le tour de Dimitri. Que c’était dur pour lui… mais il a été fort, il a tout dit même ce qu’il lui faisait le plus honte. On prend des petites pauses café qui nous font du bien, je suis la seule a avoir pris un avocat, mais il est tellement génial qu’il conseil les autres aussi pendant nos pauses, cependant il ne pourra pas intervenir pour eux pendant l’audience. On rigole un peu, mais pas trop mon père est toujours à coté avec son café et sa clope. Je le connais, c’est dur pour lui de ne pas venir nous voir. Je vais vous sembler étrange, mais je sais qu’on lui manque en tout cas j’ai envie de croire à ça.

Chaque reprise cette sonnerie qui nous indique qu’on redémarre. L’aprés-midi d’autres témoins. La première journée s’achève.

Le lendemain matin c’est différent la j’arrive avec mon clan au complet, mes sœurs, mon beau-frere et une partie des  copains, les autres témoignent ce jour. Mon père est déjà installé dans la salle d’audience. La journée débute, ma soeur Elodie passe à la barre, épreuve difficile pour elle, elle est forte elle ne parle jamais mais aujourd’hui il lui faut tout dire, et nous sommes là je le sais c’était pénible pour elle. Et plus ça avançait, plus les témoins arrivait par ordre de convocation. Tous des amis dont je n’avais plus de nouvelles depuis 10-15ans. Et pour certains, je craignais qu’ils ne viennent pas, ou qu’ils ne témoignent pas dans mon sens, ou qu’ils repartent tout de suite après avoir parlé. Tous ou presque ayant subis des violences sexuelles de la part de mon père… je me souviens précisement de l’entrée de chacun je me retourne à chaque fois les regards se croisent, l’audition a lieu et chaque fois c’est accablant pour mon père, et chaque fois au lieu de s’en aller, les amis rejoignent l’assemblée derrière moi et plus ca va plus nous sommes nombreux, je me sens mieux, je me sens forte ils sont là, nous sommes là, tous ensemble la bande de potes victimes de ce pervers. Certains ne vont comprendre la gravité de ce qui leur est arrivé qu’une fois à la barre… et je sais que pour certains ça a été un traumatisme énorme mais nous étions là ensemble.

On se retrouve, on se sert les uns les autres, oui c’est émouvant ce procès à une drôle de saveur… on s’aime malgré le temps… on décide d’aller boire un verre on passe une soirée mémorable, des souvenirs reviennent, certains étaient bien enfouillis 😉 .

Les experts ont du témoigné aussi, la psychologue qui m’avait reçu pour l’évaluation psy a était très claire je rempli toutes les cases d’une victime de violences sexuelles …..Elle insiste, elle est sûre d’elle je dis la vérité. L’expert qui a vu mon père, relate qu’effectivement, il peut avoir commis ce genre d’actes et pourrait récidiver !

Le gendarme qui l’a interrogé pendant ses gardes a vues aussi, il en dresse un portrait terrible.

Tout les témoignages sont contre lui pas un ne viendra le soutenir, d’ailleurs dans la salle personne n’est derrière lui il est seul… Mais moi je le regarde tout le temps, il ne laisse paraitre aucunes émotions, souffle pour dire que c’est n’importe quoi… il me fait peine, il a 60 ans, des problèmes de dos, il est sur une chaise pas confortable toute la durée du procès. Oui, j’arrive à avoir de la peine pour lui…

Le dernier jour il arrive avec sa valise…au cas ou … je réalise qu’il partira surement en prison le soir même… je demande et sa maison,sa voiture avec laquelle il est venu ? je m’inquiete de tout ça pour lui…

Vient son tour, il reconnait certains faits à l’encontre de certains de mes amis, les faits pour lesquels il sait qu’il ne risque pas beaucoup, pour le reste, pour moi il nie, il dit que c’est un complot, il s’énerve contre le président qui va commencer à se moquer un peu de lui… on lui demande quel intérêt j’y ai moi à l’accuser de tels faits, il dit qu’il ne sait pas, que je veux lui faire payer la séparation avec ma mère… sauf que c’est ma mère qui est partie…. bref il passe pour un idiot ! Mon avocat lui dira « Monsieur c’est la dernière opportunité pour permettre à Lise de tourner la page et de vous excusez » il répondra qu’il ne va pas avouer quelque chose qu’il na pas fait… pourtant on lui projette des photos immondes trouvées sur son ordinateur, on lui montre des sms qu’il m’avait envoyé mais non il nie, il ment, il pense encore sauver sa peau…

La défense de son avocat va consister à discréditer l’experte qui ma reçu, et dire que j’aurai pu manipuler l’experte … A un moment, je sors de la salle, suivie par une de mes sœurs, parce que sinon je vais m’emporter je me connais ça me monte aux nerfs  et je pourrais faire quelque chose qui retournerait la situation contre moi, mon père me connait peut-être a t’il suggéré cela à son conseil… Son avocat ne tentera pas de le faire acquitter, de toute façon il y a trop de preuves c’est perdu d’avance, à certains moments on se demande même, s’il n’enfonce pas mon père…

Viendra ensuite le moment des réquisitions de l’avocat général qui n’est autre que …le substitut du procureur qui a signé la demande de renvoi en correctionnel …celle qu’on voulait m’imposer au départ…alors j’ai eu peur… et pourtant…

Il ne le sait pas lui, mais outre le verdict, c’est son intervention qui va me permettre de me sentir reconnue comme victime, qui va avoir une répercussion énorme sur ma reconstruction après ce procès… Il a été magistral, fabuleux on parle encore de lui pendant les repas de famille !! Son réquisitoire était grandiose, chaque mots qui l’a employé résonnent encore en moi , il a descendu mon père, il a fait reconnaitre que nous étions tous des victimes ! que ce qu’il avait fait était inacceptable. Il a fait ce qu’il fallait pour que mon père paye à hauteur de ses actes, il n’a pas minimiser les faits ! J’avais pourtant cette crainte car c’est arrivé bien trop souvent dans ce genre d’affaires.

L’avocat général n’est pas là pour défendre la victime, il est là pour faire appliquer la loi et défendre la société. Mais malgré cela je me suis sentie protéger, entendue, défendue, comprise il a demandé 12 ans d’emprisonnement. Il était convaincu de ce qu’il disait, il était ferme.

Après ca, la cour s’est retirée pour délibérer, c’était long et flippant mais tout de même une bonne ambiance, on est entre copain, la maman de ma copine m’a amené un peu Nawel pour que je la vois. L’accusé lui n’a pas le droit de sortir pendant les délibérations. Mon téléphone sonne c’est mon avocat il faut vite y retourner de toute façon nous ne nous sommes pas trop éloignés. On sait que c’est la fin…

La cour entre, on s’installe, je n’aurais pas eu ce que je suis vraiment venu chercher, des excuses, la reconnaissance des faits par lui …mais le verdict va tomber, le Président entame la lecture et il dit « pour les faits de viols incestueux par ascendant sur mineur de -15 ans à l’encontre de Lise G, l’accusé est reconnu coupable, pour les faits d’agression sexuelles par ascendant sur mineurs de – 15 ans et + de 15 ans à l’encontre de Lise G l’accusé et reconnu coupable et pour les faits de corruption sur mineur de -15 ans à l’encontre de Lise G l’accusé est reconnu coupable » pfffffiouuuuu quel choc de l’entendre, soulagement je sens toutes les mains derrière mon dos qui me soutiennent. Et évidemment il a été reconnu coupable de tout les autres faits à l’encontre des autres jeunes pour lesquels ils avaient étaient mis en examen ! J ‘ai a peine versé une larme, je regardais la cour pour dire merci.

Et à ce moment, il m’a regardé, j’ai croisé son regard, c’était douloureux. C’est mon père bordel… non je ne suis pas satisfaite,  j’aurais voulu un père aimant mais pas comme ca…. j’aurais voulu que mes enfants est un grand père, j’aurais voulu lui rendre visite avec mes enfants j’aurais voulu que tout soit normal… ce n’est pas en prison que je voulais mon père mais je n’ai pas choisi cela pour lui, il est le seul responsable de ce qu’il a fait. Alors oui au verdict j’ai été soulagée, qu’on m’est crue, qu’on reconnaisse ma souffrance, que je sois reconnue comme une victime, mais j’ai aussi été triste de savoir qu’il allait passer 12 ans en prison. Est ce qu’il me manque ? oui… est ce que je l’aime ? je ne sais pas, je ne crois pas, ce n’est pas encore clair pour moi.

Mon père est menotté et emmené dans le box des accusés pour terminer car derrière il y a le procès pour les dommages et intérêts. c’est très rapide l’avocat demande une somme, la cour se retire rapidement pour décider, revient et donne son délibéré, soit ils acceptent le montant, soit ils accordent un autre, soit ils refusent. C’est la somme que devra payer l’accusé aux victimes. Non je ne suis pas devenue millionnaire, ce n’est pas ce que j’étais venue chercher…

Le procès se termine ainsi, mon père a été emmené de suite en maison d’arrêt… Il m’a fallu un moment pour réaliser.

J’avais très peur de l’issue, pendant toute la durée de l’instruction, la justice tenté de me faire renoncer à ce procès, ils m’en ont fait bavé j’étais au départ la seule partie civile… les autres étaient victimes mais ne s’étaient pas constitué partie civile. On m’a laissé entendre qu’avec le foulard les jurés pouvaient se mettre contre moi d’office, ou que la durée d’emprisonnement ne serait pas à la hauteur qu’il valait mieux laissé et passer l’affaire en délit plutôt qu’en crime.

A ce jour, je ne sais pas comment va mon père, je sais juste qu’il a été transférer dans un autre établissement. Mon grand père ne me parle plus, une de mes tantes s’est permise de me dire « tu pouvais pas fermer ta gueule et garder ça pour toi après tout ce temps ».

Maintenant, c’est derrière moi.

Je remercie ma sœur qui a été l’initiatrice de tout cela, même si au départ j’étais en colère contre elle. Je me suis libérée de tout ça en partie grâce à elle, même si elle n’a pas été reconnu comme victime pour cause de prescription des faits, ce procès c’était aussi pour elle que je ne l’ai pas lâché ! Et aujourd’hui chère sœur, j’aimerais que la culpabilité te quitte.

Ma petite soeur même si elle n’a pas été la victime sexuelle de mon père, a été reconnu comme maltraitée par ce dernier. Elle m’a accompagné moralement dans toutes les démarches. Et je voudrais qu’elle sache aujourd’hui que tout les hommes ne sont pas des connards 😉 . C’est bon tu peux pecho maintenant !!

Je remercie aussi ma Pauline, parce qu’elle m’a suivi dans ce parcours elle est venue avec moi dans toutes les audiences ou elle a pu. Et ce procès il était pas facile pour elle, elle en a prit plein la tronche aussi … ma copine de toujours, mon amie et même ma soeur… En même temps quand on fréquente les stations d’épuration on y trouve forcément de la m…. 😉 . Tu sais comme tu comptes pour moi. Je n’ai jamais passé un moment déprimant avec elle, même quand le lieu ou les circonstances ne s’y prêtaient pas nous avons ri ensemble, et toujours plus fort !

Dimitri, mon frérot, merci, merci pour avoir eu le courage de me suivre, merci pour avoir trouvé la force de t’exprimer devant tout le monde, pour tout ce que tu m’as apporter quand on était gamin. Et bravo ! Tu peux être fier de toi et de ce que tu es devenu.

Les copains, copines que j’ai retrouvé même si très probablement on ne se reverra plus parce que nos vies sont différentes et ce passé commun trop douloureux, se voir nous ramène systématiquement à ce bordel. Je vous remercie, pour être resté, pour le soutien, pour le courage qu’il vous a fallu d’aller au bout. Merci pour cette superbe soirée de retrouvailles qui a mis de la joie dans ce moment difficile. Merci d’avoir été vrais pendant l’audience.

Les amies que j’ai connu après, et qui m’ont écouté, soutenu et encouragé pendant ce parcours du combattant, Sophie, Nadia vous avez été de véritable soutien pour moi. Merci parce que c’était pas évident j’ai traversé des périodes pas faciles, mais vous ne m’avez pas lâché.

Mon beau-frère, présent, encourageant, il est resté là sans trop en faire parce qu’il me connait… Tu as étais parfait pour être à mes cotés dans ce combat ! Merci Merci Merci.

Et mon Avocat !!! Je ne l’ai pas choisi, comme je n’étais pas sur la région ou l’affaire allée être jugée, j’ai demandé un commis d’office, je craignais qu’on me refile un avocat pas top. Au départ, j’ai cru qu’il n’était pas vraiment sur mon dossier… et puis ensuite il s’est révélé être le meilleur !! Pas juste parce qu’il a assuré dans nos audiences. Attention je vais parler avec mon cœur, je sais pas trop si ca se fait mais je vais le faire mdr. Au-delà, d’être compétent dans son job, il a été cool, toujours confiant, franchement il est arrivé en mode détente au procès et je rigole avec l’huissière, et jte pique un gâteau j’ai faim, j’adore il est génial et c’est vraiment pile la personne dont j’avais besoin pour me défendre, pour être à coté de moi,le destin a bien fait les choses. Une personne simple, et généreuse. J’avais plutôt l’impression d’être venue avec un ami, et vraiment sans le savoir il a fait parti des soutiens importants pour moi. Maitre, je me répéte mais merci.

Maryline, merci de t’être occupée de ma petite Nawel, comme si c’était ta petite fille, et c’était pas facile car vous ne vous connaissiez pas, bébé allaité que je te laissais avec quelques millilitres de lait tiré je n’avais pu faire mieux… A boire en plus au verre car je ne voulais pas de biberon. Ça c’est super bien passé et je t’en suis reconnaissante car vraiment laissé mon bébé de 7 mois pour la première fois et dans de telles conditions c’était pas évident d’ailleurs ca me stressait limite plus que le procès jusqu’à ce que Pauline me dise ma mère se propose de garder Nawel. OUF quel soulagement et quelle chance. MERCI !!

 

A vous tous qui me lirait encore une fois merci !! Merci pour tout vos commentaires chaque fois que j’ai évoqué ce procés sur les réseaux.

J’écris là les derniers mots de mon dernier article sur cette sordide affaire qui a malgré tout fait celle que je suis aujourd’hui avec ses faiblesses, ses forces.  Le livre est définitivement fermé, j’ai classé aux archives la semaine dernière, tout le dossier de l’affaire thierry G/ Lise G ép.B.

 

Battez vous ! Ne lâchez rien si vous êtes victimes arrêter d’accepter des correctionnalisations vous avez le droit à avoir un procès pour vous défendre !!! j’ai partager mon histoire pour vous montrer que c’est possible.

Parlez à vos enfants, soyez vigilantes les statistiques disent qu’1 à 2 enfants par classe sont victimes de violences sexuelles…

 

je vous laisse ici les articles de presse le premier, le second, et le dernier.

 

 

 

 

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